L’Observatoire National de la Démographie des Professionnels de Santé a souhaité
engager une étude portant sur le métier de pharmacien d’officine afin de mieux connaître les conditions d’exercice de la profession.
Le projet a consisté à éclairer le rôle de premier recours en matière de soins et de santé que la profession exerce auprès des populations.
Aussi, l’étude a visé à qualifier ce rôle de premier recours à travers :
* Une identification des différentes interventions que les équipes officinales assurent auprès des populations ;
* Une compréhension de la nature du rôle de premier recours qui est attachée à leur présence de proximité ;
* Une exploration des facteurs d’évolution qui influencent les modalités d’exercice de la profession et son attractivité.
1.1. PHARMACIEN D’OFFICINE : UN MÉTIER EN ÉVOLUTION
Au regard du code de la santé publique, article L 5125-1, la pharmacie d’officine estdéfini comme étant un « établissement affecté à la dispensation au détail des médicaments, produits et objets réservés aux pharmaciens ainsi qu’à l’exécution des préparations magistrales et officinales ».
Le pharmacien d’officine détient en France le monopole de cette fonction. Toutefois, ce principe de monopole ne signifie pas pour autant que le métier de pharmacien d’officine est demeuré un métier à l’abri des évolutions que connaissent l’ensemble des professions de santé.
Du point de vue même de sa mission de dispensation de médicaments, les équipes officinales ont été appelées depuis quelques années à jouer un rôle central en matière de politiques de maîtrise de dépenses de santé notamment dans la délivrance des médicaments génériques.
Par ailleurs, la profession a également vu s’élargir son champ d’intervention.
D’expert, de scientifique garant de la bonne dispensation du médicament, le pharmacien est aussi progressivement devenu :
* un conseil en santé avec la vente de produits et marchandises sortant du domaine du monopole pharmaceutique (la liste étant fixée par arrêté ministériel) : plantes, diététique, hygiène, …
* mais aussi l’orthopédie, l’optique, l’audioprothèse
* un acteur responsable en matière de sécurité sanitaire par son intervention dans la veille et la gestion des crises sanitaires ou par le contrôle exercé sur les prescriptions
* un acteur de santé publique à travers ses actions en matière de prévention et de dépistage
* un acteur économique et social agissant dans la délivrance de médicaments génériques, dans le système d’assurance maladie en intervenant dans la gestion du remboursement direct des médicaments mais aussi dans le maintien à domicile de malades et personnes dépendantes,
* …
C’est au regard de la diversification du périmètre d’intervention des pharmacies d’officine que se pose la question de savoir comment la profession a adapté son rôle de premier recours et ses pratiques auprès des populations, comment elle articule l’ensemble de ces interventions, quelles priorités elle se définit, de quels moyens elles dispose dans son action.
1.2. LE CONTEXTE D’EXERCICE DE LA PROFESSION - UNE
PROFESSION DE PROXIMITÉ
La réponse à ces interrogations s’est élaborée en considérant la réglementation stricte qui organise l’implantation des officines sur le territoire.
Le maillage territorial permet d’assurer aujourd’hui la présence d’une officine pour 2600 habitants soit un réseau plus dense que celui des 17000 bureaux de poste. Ce faisant, les officines constituent un réseau de proximité essentiel (22 691 officines recensées au niveau métropolitain au 1er janvier 2004) pour assurer la présence et l’offre de soins au côté d’autres professionnels de santé : les médecins généralistes,les infirmières, les masseurs-kinésithérapeutes, les chirurgiens dentistes,…
Cependant, pour mieux apprécier ce rôle de proximité et de premier recours joué par les pharmacies, il convient de dépasser ce seul critère démographique dans l’appréhension du maillage territorial et de considérer également les dynamiques sociologiques, politiques et sanitaires qui touchent actuellement de façon différenciéeet contrastée le territoire national.
Plusieurs facteurs d’évolution peuvent être répertoriés :
* les évolutions démographiques qui se traduisent notamment par un vieillissement général de la population française et par une concentration de population vers les centres urbains au détriment de certains territoires qui se voient de ce fait confrontés à des phénomènes de désertification ;
* la démographie des professions de santé marquée par une diminution sensible du nombre de médecins, notamment des généralistes
* les priorités publiques en matière de coordination des soins et de prévention,
* les progrès réalisés dans la thérapeutique, les techniques de soins et de diagnostic
* les aspirations des professionnels, en matière de conditions d’exercice et de vie
* les exigences croissantes du public en matière de qualité des services liés à la santé, de personnalisation des soins, d’informations fiables sur l’hygiène de vie et de santé
Face à l’ensemble de ces évolutions, il a paru utile d’apprécier la façon dont elles ont pu influencer concrètement les conditions d’exercice de la profession. La nature de l’activité et de la fonction officinale dépend-elle des contextes et profils sanitaires et de soins locaux, du type de coopération avec d’autres professionnels de santé ?
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
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