Concernant ce champ d’activité, les pharmaciens d’officine sont dans la position d’être sollicités pour apporter un conseil à des personnes plutôt en bonne santé et non pas de répondre directement à une demande liée à une pathologie.
Ce type de demande est à mettre en perspective avec la bivalence de la notion de santé définie par l’Organisation Mondiale de la Santé qui recouvre deux états de la personne :
* l’état bien portant qui a besoin d’hygiène et de prévention
* l’état malade qui a besoin du professionnel de santé pour soigner et soulager.
La réponse des pharmaciens à « l’état bien portant » représente manifestement un champ en cours d’évolution rapide par rapport auxquels les pharmaciens proposent des réponses qui appellent pour certaine une consolidation.
8.1 LE CONSEIL DIÉTÉTIQUE, UNE ACTIVITÉ EN DÉVELOPPEMENT
Des publics différents et des besoins différents
Deux tiers des officines disent réaliser un suivi diététique.
La clientèle intéressée par les conseils en diététique est essentiellement féminine. Le public cible est en général composé de femmes entre 25 et 60 ans qui demandent des conseils avant l’été. Ces demandes sont souvent de l’ordre de la recette « miracle », d’où une difficulté évidente du pharmacien pour initier un travail
d’éducation alimentaire.
Une nouvelle catégorie de clientèle fait sont apparition : les actifs de 40 à 60 ans dont la démarche s’inscrit davantage dans une volonté de prévention de maladies telles que le diabète.
Les mamans sont aussi très demandeuses de conseils diététiques pour les bébés (ex : alimentation, nutrition).
Un rôle de conseil plutôt qu’un suivi diététique
Le suivi diététique est très peu pratiqué par les officines interrogées. Généralement, il n’y a pas de suivi à proprement parler qui s’inscrive dans le temps mais plutôt des conseils qui sont délivrés dans le cadre d’une vente de produits diététiques. Ces conseils se différencient de l’éducation alimentaire pratiquée avec les malades chroniques et qui, elle, est plutôt attachée à un traitement.
Si le pharmacien détecte que le client est potentiellement porteur d’une pathologie du type obésité ou anorexie, etc., il préfère orienter le client vers un diététicien. Son rôle se limite donc bien à une dispensation de produits diététiques.
Une activité en développement
Les clients sont de plus en plus demandeurs de conseils en diététique tout au long de l’année (environ 1 fois par semaine), avec des pics pour les régimes minceur avant l’été, et le conseil dure plus longtemps car les clients souhaite connaître les modalités d’utilisation du produit acheté.
Dans leur ensemble, les pharmaciens sont favorables au développement de cette activité parce que ce créneau est considéré comme très porteur. Ils multiplient les formations dans ce domaine (formation des titulaires et/ou des préparateurs) ou recrutent des personnels compétents en capacité de prodiguer des conseils adaptés.
Les pharmacies de zone rurale participent aussi à ce mouvement. Les seuls freins à ce développement semblent être le manque de place des officines et le manque de temps.
8.2 LES ACTIONS DE PRÉVENTION ET DE DÉPISTAGE
Des officines plutôt passives dans l’organisation des campagnes de prévention
Trois quarts des pharmacies situées en zone urbaine participent à des actions de prévention contre 2/3 des officines en zone rurale.
Cette participation se réalise le plus souvent dans le cadre des campagnes orchestrées au niveau national.
Les clients, parce qu’ils sont sensibilisés, sont alors plus demandeurs de conseils qu’en dehors des campagnes où les demandes spontanées se font plus rares.
La participation des officines aux campagnes de prévention se concrétise par l’affichage de messages envoyés par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie ou par les laboratoires et par la mise à disposition de la documentation appropriée à destination des clients.La pharmacie a donc souvent un comportement « passif ».
Ce sont les actions de prévention contre le tabac (1 cas sur 2) qui sont les mieux relayées du fait d’un nombre croissant de clients de plus en plus demandeurs de conseils et de produits pour arrêter de fumer. Certaines officines maintiennent les affichages « anti-tabac » tout au long de l’année. Manifestement, la motivation s’est
faite plus importante dès lors que les produits liés au tabac ont été délistés et se sont retrouvés en vente libre dans les officines.
Une des officines rencontrées a mis en place de véritables consultations « antitabac » auprès de ses clients. Des entretiens personnalisés sont conduits sur la base d’un dossier spécialisé qui propose un accompagnement du patient au cours de son sevrage.
Il faut aussi noter la participation régulière aux campagnes relatives à la vaccination contre la grippe, au cancer du sein tandis que la mobilisation dans les campagnes de lutte contre le virus HIV s’essouffle.
Quelques officines ont évoqué avoir aussi participé à des campagnes de lutte contre l’alcoolisme ou de prévention des mélanomes mais ces actions de prévention sont plus rares et semblent dépendre de la sensibilisation propre des équipes à ces questions.
Une faible motivation des officines pour développer les actions de dépistage
Comme en matière de prévention, seulement deux tiers des officines proposent des actions en matière de dépistage.
Seules les campagnes relatives au dépistage du diabète ou de l’hypertension artérielle sont les campagnes les plus suivies. Dans quelques cas, l’équipe propose aux clients de calculer leur taux de glycémie ou de mesurer leur tension artérielle.
Ces actions s’accompagnent de recommandations souvent formalisées dans une documentation spécialisée
Les officines se déclarent peu motivées pour participer à ces campagnes de dépistage pour plusieurs raisons :
* Tout d’abord, la grande majorité des clients semblent considérer que le dépistage relève plutôt du champ d’intervention des médecins. Les demandes de dépistage sont donc plutôt rares auprès des officines
* Par ailleurs, la participation aux campagnes de dépistage ne présente pour l’heure qu’un intérêt relatif pour les officines : l’organisation de la campagne demande du temps et le retour sur investissement est jugé minime.
* Enfin, certaines officines estiment insuffisant le soutien qui leur ait apporté pour l’organisation de ces campagnes. Ce soutien se limite trop souvent à la réception d’une documentation réalisée par des laboratoires et manifestement, les pratiques des laboratoires sur le sujet sont assez disparates.
Pendant les campagnes, les pharmaciens estiment pratiquer en moyenne deux actes de dépistage par jour puis seulement un à deux actes par mois après la fin de la campagne.
8.3 LES PISTES D’ÉVOLUTION : VERS UN RÔLE D’ÉDUCATION À LA SANTÉ
Bien que leur action concrète soit assez limitée tant en matière de prévention que de dépistage, les équipes officinales se disent sensibles à leur rôle de relais locaux des campagnes nationales de santé publique : la majorité considère que cela fait partie intégrante de leur métier et de leur rôle de conseil auprès des populations et que faire de la prévention ou du dépistage essentiellement pendant les campagnes est en effet insuffisant.
La prévention ou le dépistage sont des processus qui demandent une information et une sensibilisation de la population continues dans le temps.
Selon eux, le développement de leur action dans ce domaine est à réfléchir au niveau de la profession et des acteurs en santé publique et pourrait consister en une campagne nationale informant le public que les pharmacies d’officine sont en mesure de proposer des actions gratuites de prévention et de dépistage et une véritable éducation à la santé.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
Ce type de demande est à mettre en perspective avec la bivalence de la notion de santé définie par l’Organisation Mondiale de la Santé qui recouvre deux états de la personne :
* l’état bien portant qui a besoin d’hygiène et de prévention
* l’état malade qui a besoin du professionnel de santé pour soigner et soulager.
La réponse des pharmaciens à « l’état bien portant » représente manifestement un champ en cours d’évolution rapide par rapport auxquels les pharmaciens proposent des réponses qui appellent pour certaine une consolidation.
8.1 LE CONSEIL DIÉTÉTIQUE, UNE ACTIVITÉ EN DÉVELOPPEMENT
Des publics différents et des besoins différents
Deux tiers des officines disent réaliser un suivi diététique.
La clientèle intéressée par les conseils en diététique est essentiellement féminine. Le public cible est en général composé de femmes entre 25 et 60 ans qui demandent des conseils avant l’été. Ces demandes sont souvent de l’ordre de la recette « miracle », d’où une difficulté évidente du pharmacien pour initier un travail
d’éducation alimentaire.
Une nouvelle catégorie de clientèle fait sont apparition : les actifs de 40 à 60 ans dont la démarche s’inscrit davantage dans une volonté de prévention de maladies telles que le diabète.
Les mamans sont aussi très demandeuses de conseils diététiques pour les bébés (ex : alimentation, nutrition).
Un rôle de conseil plutôt qu’un suivi diététique
Le suivi diététique est très peu pratiqué par les officines interrogées. Généralement, il n’y a pas de suivi à proprement parler qui s’inscrive dans le temps mais plutôt des conseils qui sont délivrés dans le cadre d’une vente de produits diététiques. Ces conseils se différencient de l’éducation alimentaire pratiquée avec les malades chroniques et qui, elle, est plutôt attachée à un traitement.
Si le pharmacien détecte que le client est potentiellement porteur d’une pathologie du type obésité ou anorexie, etc., il préfère orienter le client vers un diététicien. Son rôle se limite donc bien à une dispensation de produits diététiques.
Une activité en développement
Les clients sont de plus en plus demandeurs de conseils en diététique tout au long de l’année (environ 1 fois par semaine), avec des pics pour les régimes minceur avant l’été, et le conseil dure plus longtemps car les clients souhaite connaître les modalités d’utilisation du produit acheté.
Dans leur ensemble, les pharmaciens sont favorables au développement de cette activité parce que ce créneau est considéré comme très porteur. Ils multiplient les formations dans ce domaine (formation des titulaires et/ou des préparateurs) ou recrutent des personnels compétents en capacité de prodiguer des conseils adaptés.
Les pharmacies de zone rurale participent aussi à ce mouvement. Les seuls freins à ce développement semblent être le manque de place des officines et le manque de temps.
8.2 LES ACTIONS DE PRÉVENTION ET DE DÉPISTAGE
Des officines plutôt passives dans l’organisation des campagnes de prévention
Trois quarts des pharmacies situées en zone urbaine participent à des actions de prévention contre 2/3 des officines en zone rurale.
Cette participation se réalise le plus souvent dans le cadre des campagnes orchestrées au niveau national.
Les clients, parce qu’ils sont sensibilisés, sont alors plus demandeurs de conseils qu’en dehors des campagnes où les demandes spontanées se font plus rares.
La participation des officines aux campagnes de prévention se concrétise par l’affichage de messages envoyés par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie ou par les laboratoires et par la mise à disposition de la documentation appropriée à destination des clients.La pharmacie a donc souvent un comportement « passif ».
Ce sont les actions de prévention contre le tabac (1 cas sur 2) qui sont les mieux relayées du fait d’un nombre croissant de clients de plus en plus demandeurs de conseils et de produits pour arrêter de fumer. Certaines officines maintiennent les affichages « anti-tabac » tout au long de l’année. Manifestement, la motivation s’est
faite plus importante dès lors que les produits liés au tabac ont été délistés et se sont retrouvés en vente libre dans les officines.
Une des officines rencontrées a mis en place de véritables consultations « antitabac » auprès de ses clients. Des entretiens personnalisés sont conduits sur la base d’un dossier spécialisé qui propose un accompagnement du patient au cours de son sevrage.
Il faut aussi noter la participation régulière aux campagnes relatives à la vaccination contre la grippe, au cancer du sein tandis que la mobilisation dans les campagnes de lutte contre le virus HIV s’essouffle.
Quelques officines ont évoqué avoir aussi participé à des campagnes de lutte contre l’alcoolisme ou de prévention des mélanomes mais ces actions de prévention sont plus rares et semblent dépendre de la sensibilisation propre des équipes à ces questions.
Une faible motivation des officines pour développer les actions de dépistage
Comme en matière de prévention, seulement deux tiers des officines proposent des actions en matière de dépistage.
Seules les campagnes relatives au dépistage du diabète ou de l’hypertension artérielle sont les campagnes les plus suivies. Dans quelques cas, l’équipe propose aux clients de calculer leur taux de glycémie ou de mesurer leur tension artérielle.
Ces actions s’accompagnent de recommandations souvent formalisées dans une documentation spécialisée
Les officines se déclarent peu motivées pour participer à ces campagnes de dépistage pour plusieurs raisons :
* Tout d’abord, la grande majorité des clients semblent considérer que le dépistage relève plutôt du champ d’intervention des médecins. Les demandes de dépistage sont donc plutôt rares auprès des officines
* Par ailleurs, la participation aux campagnes de dépistage ne présente pour l’heure qu’un intérêt relatif pour les officines : l’organisation de la campagne demande du temps et le retour sur investissement est jugé minime.
* Enfin, certaines officines estiment insuffisant le soutien qui leur ait apporté pour l’organisation de ces campagnes. Ce soutien se limite trop souvent à la réception d’une documentation réalisée par des laboratoires et manifestement, les pratiques des laboratoires sur le sujet sont assez disparates.
Pendant les campagnes, les pharmaciens estiment pratiquer en moyenne deux actes de dépistage par jour puis seulement un à deux actes par mois après la fin de la campagne.
8.3 LES PISTES D’ÉVOLUTION : VERS UN RÔLE D’ÉDUCATION À LA SANTÉ
Bien que leur action concrète soit assez limitée tant en matière de prévention que de dépistage, les équipes officinales se disent sensibles à leur rôle de relais locaux des campagnes nationales de santé publique : la majorité considère que cela fait partie intégrante de leur métier et de leur rôle de conseil auprès des populations et que faire de la prévention ou du dépistage essentiellement pendant les campagnes est en effet insuffisant.
La prévention ou le dépistage sont des processus qui demandent une information et une sensibilisation de la population continues dans le temps.
Selon eux, le développement de leur action dans ce domaine est à réfléchir au niveau de la profession et des acteurs en santé publique et pourrait consister en une campagne nationale informant le public que les pharmacies d’officine sont en mesure de proposer des actions gratuites de prévention et de dépistage et une véritable éducation à la santé.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire