« Un service de garde est organisé pour répondre aux besoins du public en dehors des heures d’ouverture généralement pratiquées par les officines dans une zone déterminée. Un service d’urgence est organisé pour répondre aux demandes urgentes en dehors des heures d‘ouverture généralement
pratiquées par ces officines » (Art.L.5125-22 CSP)
On parle d’urgence lorsque l’officine est ouverte en dehors des heures d’ouverture habituelles, donc la nuit. Quant aux gardes, elles se déroulent en dehors des jours habituels d’ouverture, les dimanches et jours fériés.
10.1. L’APPARTENANCE À UN TOUR DE GARDE
La majorité des officines sont membres d’un tour de garde bien que sur les quarante pharmaciens rencontrés, trois déclarent ne pas en réaliser. Parmi elles, deux officines sont situées en zone urbaine ou péri-urbaine et leur non-implication dans un système de garde s’explique par la proximité d’une pharmacie de garde « permanente », généralement en centre ville. La 3ème pharmacie, située en zone rurale, ne fait pas de garde le week-end et les jours fériés car ce service est assuré par les pharmacies de la zone urbaine la plus proche (à 20 km). A l’opposé, une des officines en zone rurale est toujours de garde grâce à un roulement organisé entre les 3 pharmaciens titulaires.
10.2. LA MISE EN PLACE DU NUMÉRO 15 A FAIT ÉVOLUER LES PRATIQUES
Une situation qui a beaucoup évolué dans les zones (souvent urbaines ou en périphérie) où existe le n°15. En effet, l’introduction de ce système a permis un filtrage et un traitement des appels effectués par téléphone par un médecin. Dans les zones couvertes par le n°15, les pharmaciens de garde n’ouvrent plus que sur appel du médecin ou de la gendarmerie et le nombre de leurs interventions a nettement baissé.
10.3. LES OFFICINES EN ZONES RURALES SE SENTENT DÉFAVORISÉES PAR LES SYSTÈMES DE GARDE
Les zones rurales souffrant d’une pénurie de pharmacies, certaines officines peuvent être de garde une semaine sur deux. Les titulaires de ces officines jugent qu’ils sont trop souvent mobilisés notamment en comparaison de leurs confrères exerçant en zone urbaine En général, les titulaires des officines assurent eux-mêmes les permanences.
L’absence de filtrage par un numéro d’urgence ou par la gendarmerie vient aggraver cet état de fait car les pharmaciens sont appelés la nuit directement à leur domicile et sont dérangés la plupart du temps pour de la « bobologie » plus que pour de véritables urgences. Enfin, les populations en milieu rural se rendant rarement à l’officine le dimanche, le pharmacien qui ouvrent ce jour-là ont très peu de clients et l’ouverture de l’officine leur semble « inutile et non rentable ».
10.4. LA QUESTION DE LA SÉCURITÉ DES OFFICINES PENDANT LES GARDES
Plusieurs titulaires d’officine soulignent la dangerosité des gardes de nuit dans certains quartiers urbains sensibles : la question est soulevée autant pour les malades qui ne peuvent pas avoir accès à l’officine en toute sécurité que pour les personnels de l’officine eux-mêmes. Autre cas dans lequel les questions de sécurité sont abordées, celui des pharmaciens qui ouvrent sur simple appel du client et ont peur de se faire agresser, notamment la nuit dans les zones isolées.
10.5. LE PREMIER RECOURS PENDANT LES GARDES : DES RÉALITÉS CONTRASTÉES
Il est tout d’abord à noter que les actes pratiqués pendant la nuit ne consistent en général qu’à délivrer des médicaments sur la base d’une ordonnance : les interventions de premier recours sont inexistantes sauf dans les zones rurales où le pharmacien ouvre l’officine sans filtrage préalable des appels par la gendarmerie ou par un médecin. Les commentaires suivants ne font par conséquent références qu’aux gardes effectuées le dimanche et les jours fériés.
En zone urbaine, les interventions de premier recours pratiquées par les pharmaciens sont beaucoup plus nombreuses qu’en semaine car l’officine de garde récupère les clients de toute la zone urbaine. Les pharmaciens estiment donner plus de conseils et assumer un rôle de premier recours nettement plus important qu’en semaine.
10.6. LES PISTES DE RÉFLEXION ÉVOQUÉES POUR AMÉLIORER LES SYSTÈMES DE GARDE
Le système est jugé satisfaisant dans la mesure d’un flux modéré de patients.
Cependant, certains points restent à améliorer dans ces systèmes de garde. Les pistes d’action énoncées par les pharmaciens concernent :
* La mise en place d’un système de filtrage des appels dans les zones dépourvues du n°15
* La sécurisation de certaines officines en quartiers urbains sensibles ou dans une zone reculée dans laquelle le pharmacien ouvre sur simple appel du client.
* Les souhaits de revalorisation financière des actes effectués pendant les gardes afin que ceux-ci soient reconnus à leur juste valeur. En effet, l’heure actuelle, l’indemnité prévue par le Tarif Pharmaceutique National (TPN) pour service de garde ou d’urgence par acte (TPN) reste acquise au professionnel qui l’effectue : 0.99 € de 7 heures à 21 heures, 3.96 € de 21 heures à 7 heures et 1.98 € les dimanches et jours fériés de 7 heures à 21 heures.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
pratiquées par ces officines » (Art.L.5125-22 CSP)
On parle d’urgence lorsque l’officine est ouverte en dehors des heures d’ouverture habituelles, donc la nuit. Quant aux gardes, elles se déroulent en dehors des jours habituels d’ouverture, les dimanches et jours fériés.
10.1. L’APPARTENANCE À UN TOUR DE GARDE
La majorité des officines sont membres d’un tour de garde bien que sur les quarante pharmaciens rencontrés, trois déclarent ne pas en réaliser. Parmi elles, deux officines sont situées en zone urbaine ou péri-urbaine et leur non-implication dans un système de garde s’explique par la proximité d’une pharmacie de garde « permanente », généralement en centre ville. La 3ème pharmacie, située en zone rurale, ne fait pas de garde le week-end et les jours fériés car ce service est assuré par les pharmacies de la zone urbaine la plus proche (à 20 km). A l’opposé, une des officines en zone rurale est toujours de garde grâce à un roulement organisé entre les 3 pharmaciens titulaires.
10.2. LA MISE EN PLACE DU NUMÉRO 15 A FAIT ÉVOLUER LES PRATIQUES
Une situation qui a beaucoup évolué dans les zones (souvent urbaines ou en périphérie) où existe le n°15. En effet, l’introduction de ce système a permis un filtrage et un traitement des appels effectués par téléphone par un médecin. Dans les zones couvertes par le n°15, les pharmaciens de garde n’ouvrent plus que sur appel du médecin ou de la gendarmerie et le nombre de leurs interventions a nettement baissé.
10.3. LES OFFICINES EN ZONES RURALES SE SENTENT DÉFAVORISÉES PAR LES SYSTÈMES DE GARDE
Les zones rurales souffrant d’une pénurie de pharmacies, certaines officines peuvent être de garde une semaine sur deux. Les titulaires de ces officines jugent qu’ils sont trop souvent mobilisés notamment en comparaison de leurs confrères exerçant en zone urbaine En général, les titulaires des officines assurent eux-mêmes les permanences.
L’absence de filtrage par un numéro d’urgence ou par la gendarmerie vient aggraver cet état de fait car les pharmaciens sont appelés la nuit directement à leur domicile et sont dérangés la plupart du temps pour de la « bobologie » plus que pour de véritables urgences. Enfin, les populations en milieu rural se rendant rarement à l’officine le dimanche, le pharmacien qui ouvrent ce jour-là ont très peu de clients et l’ouverture de l’officine leur semble « inutile et non rentable ».
10.4. LA QUESTION DE LA SÉCURITÉ DES OFFICINES PENDANT LES GARDES
Plusieurs titulaires d’officine soulignent la dangerosité des gardes de nuit dans certains quartiers urbains sensibles : la question est soulevée autant pour les malades qui ne peuvent pas avoir accès à l’officine en toute sécurité que pour les personnels de l’officine eux-mêmes. Autre cas dans lequel les questions de sécurité sont abordées, celui des pharmaciens qui ouvrent sur simple appel du client et ont peur de se faire agresser, notamment la nuit dans les zones isolées.
10.5. LE PREMIER RECOURS PENDANT LES GARDES : DES RÉALITÉS CONTRASTÉES
Il est tout d’abord à noter que les actes pratiqués pendant la nuit ne consistent en général qu’à délivrer des médicaments sur la base d’une ordonnance : les interventions de premier recours sont inexistantes sauf dans les zones rurales où le pharmacien ouvre l’officine sans filtrage préalable des appels par la gendarmerie ou par un médecin. Les commentaires suivants ne font par conséquent références qu’aux gardes effectuées le dimanche et les jours fériés.
En zone urbaine, les interventions de premier recours pratiquées par les pharmaciens sont beaucoup plus nombreuses qu’en semaine car l’officine de garde récupère les clients de toute la zone urbaine. Les pharmaciens estiment donner plus de conseils et assumer un rôle de premier recours nettement plus important qu’en semaine.
10.6. LES PISTES DE RÉFLEXION ÉVOQUÉES POUR AMÉLIORER LES SYSTÈMES DE GARDE
Le système est jugé satisfaisant dans la mesure d’un flux modéré de patients.
Cependant, certains points restent à améliorer dans ces systèmes de garde. Les pistes d’action énoncées par les pharmaciens concernent :
* La mise en place d’un système de filtrage des appels dans les zones dépourvues du n°15
* La sécurisation de certaines officines en quartiers urbains sensibles ou dans une zone reculée dans laquelle le pharmacien ouvre sur simple appel du client.
* Les souhaits de revalorisation financière des actes effectués pendant les gardes afin que ceux-ci soient reconnus à leur juste valeur. En effet, l’heure actuelle, l’indemnité prévue par le Tarif Pharmaceutique National (TPN) pour service de garde ou d’urgence par acte (TPN) reste acquise au professionnel qui l’effectue : 0.99 € de 7 heures à 21 heures, 3.96 € de 21 heures à 7 heures et 1.98 € les dimanches et jours fériés de 7 heures à 21 heures.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
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