Un rôle traditionnel de premier recours reconnu par tous
Tous les professionnels de santé (médecins généralistes et spécialisés, infirmières, personnels de maison de retraite) contactés s’accordent sur la nécessité et la légitimité du pharmacien d’officine en tant que premier recours. Ils pensent que le pharmacien a un rôle important car ils considèrent que le rôle du pharmacien est complémentaire de celui du médecin. Il est en mesure de :
* orienter les patients vers des professionnels compétents
* être le premier maillon dans la prévention (ex : diabète, hypertension) en donnant des conseils d’hygiène et dans les actions nationales de santé publique (ex : tabac, alcool)
* assurer une pharmacovigilance grâce au premier questionnaire que les pharmaciens effectuent
* avoir un rôle pédagogique fort pour lutter contre les idées fausses de la population (ex : grippe aviaire)
Une évolution du rôle de 1er recours considérée comme nécessaire…
Globalement, le pharmacien est vu comme un professionnel appelé à jouer un rôle accru dans l’offre de soins du fait de la future pénurie de médecins et des enjeux économiques liés à la maîtrise des dépenses de santé. 50% des médecins interrogés désirent même voir s’accroître ce rôle de premier recours. « Le pharmacien doit faire plus de conseil et faire un premier diagnostic pour les petites pathologies (coups de soleil, piqûres) qui encombrent les cabinets médicaux ». En effet, par cette répartition des rôles, ils désirent que les officines
contribuent davantage à :
* désengorger les salles d’attente pour les consultations
* accroître la pharmacovigilance
* multiplier les prescriptions officinales
…..notamment dans les zones rurales
Les médecins exerçant en zone rurale sont déjà touchés de plein fouet par la désertification médicale qui va s’accentuer.. Ils souffrent du manque de pharmaciens en milieu rural : « il faut absolument les retenir car ils facilitent le travail des médecins donc si cette pénurie s’aggrave il faudra repenser l’offre de soins ».
Les propositions des médecins pour réorganiser l’offre de soins dans ces zonesgéographiques ne manquent pas. Pour lutter contre la désertification médicale en zone rurale, certains voudraient obliger les médecins et les pharmaciens à pratiquer 10 ans en zone rurale au début de leur carrière avant de pouvoir s’installer en zone urbaine. D’autres pensent que l’Etat devrait obliger les jeunes diplômés à faire un stage en milieu rural pour vaincre les idées fausses et provoquer des vocations.
Le pharmacien « prescripteur » : des positions contrastées….
Le rapport de l’Académie de pharmacie rendu public le 19 janvier 2006 indiquait que « Pour la prescription de vaccins, la prise en compte de la douleur, l’adaptation rapprochée et le suivi de malades chroniques (asthme, diabète) […], le pharmacien doit pouvoir jouer officiellement un rôle de prescripteur complémentaire ».
Or, bien que les médecins reconnaissent tous la nécessaire évolution du rôle des pharmaciens, les avis restent partagés sur le fait de donner aux pharmaciens un rôle de prescripteur de certains médicaments (c’est déjà une réalité pour certains médicaments en dermatologie), même dans le contexte de la pénurie de médecins.
Plusieurs raisons sont invoquées pour ne pas donner au pharmacien le droit de prescrire :
* Le pharmacien n’a pas été formé pour faire des diagnostics
* Il est impossible de faire un bon diagnostic dans un espace non confidentiel
Ces médecins s’opposent donc aussi au fait de permettre au pharmacien de renouveler les ordonnances des malades chroniques sans visite médicale (comme cela avait été souhaité par de nombreux pharmaciens interrogés) car ils considèrent que le médecin a un rôle de suivi important pour savoir si le traitement est toujours adapté.
….et une évolution qui doit être encadrée
Même les médecins qui ne sont pas réfractaires au fait de partager le pouvoir de prescrire craignent que, le pharmacien délivrant des médicaments non remboursés par la sécurité sociale et donc source d’économies substantielles pour l’Etat, ce dernier aurait donne au pharmacien un rôle de prescripteur dans un souci purement economique.
Ils désirent que toute évolution en ce sens soit fortement réglementée et s’accompagne d’une formation solide des pharmaciens d’officine. Car pour bien tenir ce rôle de premier recours et pouvoir prétendre au droit de prescrire, les pharmaciens doivent être plus formés au diagnostic en formation initiale et suivre plus de formation continue pour mettre à jour les connaissances.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
Tous les professionnels de santé (médecins généralistes et spécialisés, infirmières, personnels de maison de retraite) contactés s’accordent sur la nécessité et la légitimité du pharmacien d’officine en tant que premier recours. Ils pensent que le pharmacien a un rôle important car ils considèrent que le rôle du pharmacien est complémentaire de celui du médecin. Il est en mesure de :
* orienter les patients vers des professionnels compétents
* être le premier maillon dans la prévention (ex : diabète, hypertension) en donnant des conseils d’hygiène et dans les actions nationales de santé publique (ex : tabac, alcool)
* assurer une pharmacovigilance grâce au premier questionnaire que les pharmaciens effectuent
* avoir un rôle pédagogique fort pour lutter contre les idées fausses de la population (ex : grippe aviaire)
Une évolution du rôle de 1er recours considérée comme nécessaire…
Globalement, le pharmacien est vu comme un professionnel appelé à jouer un rôle accru dans l’offre de soins du fait de la future pénurie de médecins et des enjeux économiques liés à la maîtrise des dépenses de santé. 50% des médecins interrogés désirent même voir s’accroître ce rôle de premier recours. « Le pharmacien doit faire plus de conseil et faire un premier diagnostic pour les petites pathologies (coups de soleil, piqûres) qui encombrent les cabinets médicaux ». En effet, par cette répartition des rôles, ils désirent que les officines
contribuent davantage à :
* désengorger les salles d’attente pour les consultations
* accroître la pharmacovigilance
* multiplier les prescriptions officinales
…..notamment dans les zones rurales
Les médecins exerçant en zone rurale sont déjà touchés de plein fouet par la désertification médicale qui va s’accentuer.. Ils souffrent du manque de pharmaciens en milieu rural : « il faut absolument les retenir car ils facilitent le travail des médecins donc si cette pénurie s’aggrave il faudra repenser l’offre de soins ».
Les propositions des médecins pour réorganiser l’offre de soins dans ces zonesgéographiques ne manquent pas. Pour lutter contre la désertification médicale en zone rurale, certains voudraient obliger les médecins et les pharmaciens à pratiquer 10 ans en zone rurale au début de leur carrière avant de pouvoir s’installer en zone urbaine. D’autres pensent que l’Etat devrait obliger les jeunes diplômés à faire un stage en milieu rural pour vaincre les idées fausses et provoquer des vocations.
Le pharmacien « prescripteur » : des positions contrastées….
Le rapport de l’Académie de pharmacie rendu public le 19 janvier 2006 indiquait que « Pour la prescription de vaccins, la prise en compte de la douleur, l’adaptation rapprochée et le suivi de malades chroniques (asthme, diabète) […], le pharmacien doit pouvoir jouer officiellement un rôle de prescripteur complémentaire ».
Or, bien que les médecins reconnaissent tous la nécessaire évolution du rôle des pharmaciens, les avis restent partagés sur le fait de donner aux pharmaciens un rôle de prescripteur de certains médicaments (c’est déjà une réalité pour certains médicaments en dermatologie), même dans le contexte de la pénurie de médecins.
Plusieurs raisons sont invoquées pour ne pas donner au pharmacien le droit de prescrire :
* Le pharmacien n’a pas été formé pour faire des diagnostics
* Il est impossible de faire un bon diagnostic dans un espace non confidentiel
Ces médecins s’opposent donc aussi au fait de permettre au pharmacien de renouveler les ordonnances des malades chroniques sans visite médicale (comme cela avait été souhaité par de nombreux pharmaciens interrogés) car ils considèrent que le médecin a un rôle de suivi important pour savoir si le traitement est toujours adapté.
….et une évolution qui doit être encadrée
Même les médecins qui ne sont pas réfractaires au fait de partager le pouvoir de prescrire craignent que, le pharmacien délivrant des médicaments non remboursés par la sécurité sociale et donc source d’économies substantielles pour l’Etat, ce dernier aurait donne au pharmacien un rôle de prescripteur dans un souci purement economique.
Ils désirent que toute évolution en ce sens soit fortement réglementée et s’accompagne d’une formation solide des pharmaciens d’officine. Car pour bien tenir ce rôle de premier recours et pouvoir prétendre au droit de prescrire, les pharmaciens doivent être plus formés au diagnostic en formation initiale et suivre plus de formation continue pour mettre à jour les connaissances.
Françoise MARIN
Eve MARIN
Auryane BARRANCOS
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